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Plongez dans l’origine de l’image avec STENOGRAM
Chez STENOGRAM, nous croyons que la magie de la photographie ne réside pas uniquement dans la sophistication technologique de nos appareils modernes. Bien au contraire, nous sommes convaincus que les émotions les plus pures et les images les plus singulières naissent souvent de la simplicité la plus élémentaire. C’est précisément là que réside le cœur de notre passion pour le sténopé, un dispositif optique d’une humilité fascinante et d’une richesse créative insoupçonnée. Aujourd’hui, nous vous invitons à un voyage à travers le temps pour comprendre la véritable sténopé définition, son histoire millénaire et les secrets de son invention.
Qu’est-ce que le Sténopé ? La Définition au cœur de la simplicité
Avant de plonger dans les méandres de l’histoire, posons les bases : qu’est-ce qu’un sténopé exactement ? Le mot « sténopé » lui-même est issu du grec ancien, combinant « sténos » (étroit) et « ope » (trou), désignant littéralement un « trou étroit ». Dans sa sténopé définition la plus simple et la plus pure, c’est un dispositif optique sans lentille, permettant de former des images grâce à un minuscule orifice percé dans une plaque d’une très faible épaisseur.
En essence, le sténopé est la pièce maîtresse d’une « chambre noire » ou « chambre obscure », un espace clos et étanche à la lumière. Le principe est d’une élégance rare : les rayons lumineux, provenant des objets extérieurs, traversent ce petit trou unique, se croisent en son point et se prolongent à l’intérieur du réceptacle pour former, sur la surface opposée au trou, une image inversée de la réalité environnante. C’est ce phénomène naturel et fondamental que nous, chez STENOGRAM, cherchons à rendre accessible et ludique pour toutes les familles.
Contrairement à nos appareils photo numériques ou argentiques dotés d’objectifs complexes, le sténopé n’utilise qu’un simple trou. Cette particularité confère à l’image un flou artistique unique et une profondeur de champ presque infinie, où tout ce qui se trouve devant l’appareil est approximativement net, de quelques millimètres à l’infini. C’est une invitation à redécouvrir la « perception » plutôt que la « vision » précise du sujet photographié. De plus, le sténopé produit une image orthoscopique, c’est-à-dire totalement exempte de la distorsion géométrique que les lentilles peuvent parfois introduire.
L’Histoire fascinante du sténopé : des observations anciennes aux premières images photographiques
L’histoire du sténopé est intimement liée à celle de la chambre noire, dont les racines remontent à l’Antiquité. Ce n’est pas un concept inventé de toutes pièces à une époque donnée, mais plutôt une observation et une compréhension progressive d’un phénomène optique naturel.
Les Premières observations et théories de la chambre noire
Les premières allusions écrites au principe du sténopé nous viennent de la Chine ancienne, avec le philosophe Mö-tseu (Mo Ti), vers 500 ans avant notre ère. Il décrivait ce qu’il nommait la « chambre close du trésor », un lieu obscur où la lumière entrant par un « trou vide » formait une image inversée : « La lumière des pieds, arrêtée en bas forme l’image en haut et la lumière de la tête, arrêtée en haut, forme l’image en bas ».
En Occident, c’est le grand penseur grec Aristote (384-322 av. J.-C.) qui, dans ses Problemata, s’interrogeait sur un phénomène similaire : « Pourquoi un rayon du soleil en traversant une ouverture quadrangulaire comme un interstice entre le tressage d’une vannerie, ne produit-il pas une image de forme quadrangulaire, mais circulaire ? ». Ce questionnement, connu sous le nom de « problème d’Aristote », réapparaît lorsqu’il observe la formation d’images en forme de croissant lors d’éclipses solaires à travers le feuillage des arbres. Ces observations, bien que non pleinement expliquées à l’époque, posaient les jalons de la compréhension de la formation de l’image.
La première contribution significative à l’explication de ces phénomènes vient du savant arabe Abouy Ali Al Hassan Ibn Al Haytham, dit Alhazen (né en 965), considéré comme l’un des pères de l’optique. Au 10e siècle, il fut le premier scientifique à observer une éclipse de soleil dans une chambre noire. Il remarqua que la netteté de l’image projetée dépendait de la taille du trou et que, lorsque l’ouverture était trop large, l’image du croissant disparaissait, la lumière prenant la forme ronde du trou. Alhazen déduisit une relation de proportionnalité entre le diamètre du trou et la taille de l’objet observé, confirmant la propagation rectiligne de la lumière. Ses recherches novatrices ont influencé de nombreux penseurs européens, dont le franciscain Roger Bacon.
D’autres savants ont continué ces observations, comme l’astronome chinois Shen Kua au 11e siècle, qui s’étonnait de l’inversion de l’image d’un oiseau ou d’une pagode passant à travers un petit trou. Au début du 14e siècle, le français Guillaume de Saint-Cloud préconisait l’utilisation de la chambre noire pour observer les éclipses solaires en toute sécurité, notant que l’image serait inversée et que sa taille dépendrait de la distance à l’écran.
La Chambre Noire, un outil pour les artistes de la renaissance
C’est à la Renaissance que l’utilisation de la chambre noire s’élargit au-delà des phénomènes célestes, devenant un outil précieux pour les artistes afin d’améliorer la perspective dans leurs œuvres. Léonard de Vinci (1452-1519) en a donné l’une des descriptions les plus précises dans ses carnets vers 1502, expliquant comment la lumière « en pénétrant dans une maison très sombre par un petit trou rond […] recevrait alors ces espèces sur une feuille blanche […] et tu verras tous les objets sur le papier dans leurs figures et leurs couleurs propres, mais ils seront beaucoup plus petits et renversés ».
Plus tard, au 16e siècle, l’érudit napolitain Giambattista Della Porta (1538-1615) compile la plupart des connaissances sur les projections optiques de son temps dans son ouvrage Magiæ naturalis. Il décrit la chambre noire comme une « machine à dessiner », suggérant l’ajout d’un miroir concave pour redresser l’image, puis l’intégration d’une « cul de bouteille en cristal de roche » pour améliorer la netteté. Vers la même période, Gerolamo Cardano (1501-1576) est crédité d’avoir remplacé le petit trou par une ouverture plus grande munie d’une lentille dès 1540, marquant la découverte de l’ancêtre de la caméra moderne et de l’appareil photographique tel que nous le connaissons.
D’autres innovations suivent : Barbaro Daniele (1513-1570) ajoute un diaphragme à la lentille, et Egnazio Danti (1536-1586) un miroir plan incliné pour redresser l’image. La chambre noire devient plus sophistiquée et, au 17e siècle, elle se miniaturise pour devenir portable, utilisée notamment par les peintres hollandais comme Vermeer et Hobbema pour leur réalisme et leur maîtrise de la lumière naturelle. Même des figures comme Alexander Pope intègrent des chambres noires dans des grottes pour projeter des « tableaux mouvants » de paysages.
La Distinction Cruciale : chambre noire vs. sténopé photographique
Il est essentiel de noter une distinction fondamentale que des historiens comme Denis Bernard mettent en lumière. Contrairement à une idée reçue, le sténopé tel que nous le connaissons aujourd’hui ne dérive pas directement de la camera obscura des artistes de la Renaissance, mais se développe en parallèle et même en opposition.
La camera obscura pré-photographique, souvent équipée de lentilles, était un outil d’observation et de dessin, permettant à l’observateur d’être physiquement dans l’espace de projection. Sa finalité était la production de dessins fidèles à la réalité. Le sténopé, quant à lui, est un dispositif sans lentille dont l’objectif est la production d’une photographie. L’opérateur se situe hors de la machine, et l’obscurité de l’appareil reste inaccessible.
Les premières évocations d’un appareil photographique sans lentille, ou pinhole camera, sont attribuées à David Brewster en 1856. C’est à cette période que les procédés physico-chimiques se stabilisent, permettant au sténopé de se développer conjointement aux boîtiers photographiques, mais en empruntant une direction différente. Alors que l’industrie photographique visait des objectifs de plus en plus lumineux et des temps de pose de plus en plus courts, le sténopé, avec son minuscule trou (ne dépassant généralement pas 0,5 mm), nécessitait et valorisait les longues expositions. C’est un parfait contre-pied à la course à la vitesse et à la netteté absolue.
Des formules mathématiques ont été développées pour optimiser le diamètre du trou, comme celle de Joseph Petzval en 1857 ou de Lord Rayleigh dans les années 1880. Plus d’une cinquantaine de formules différentes ont été proposées au fil du temps, prouvant qu’il y a toujours eu une quête de précision, même dans cette technique « rudimentaire ». Cependant, comme nous le savons chez STENOGRAM, la netteté n’est pas toujours la première qualité recherchée par les adeptes du sténopé.
L’émergence du sténopé dans la photographie artistique
L’utilisation du sténopé en photographie connaît un véritable regain d’intérêt en Europe et aux États-Unis dans les années 1960-1970. Cela coïncide avec l’automatisation massive des appareils photo, et le sténopé apparaît alors comme une réaction, une volonté d’émancipation technique et une exploration des limites de la photographie.
Des figures comme P.H. Emerson (1856-1936), théoricien du naturalisme en photographie, prônent son utilisation comme une métaphore de la vision humaine, toujours imparfaite. George Davison (1854-1930) l’emploie couramment dès 1888, et sa photographie The Onion Field (1890) est même considérée comme le manifeste de la tendance impressionniste du mouvement Pictorialiste. L’écrivain suédois August Strindberg (1849-1912) compare les images obtenues avec et sans objectif, soulignant la capacité du sténopé à restituer des détails et une perspective sur toute la distance, sans déformation.
Aujourd’hui, cet engouement est toujours d’actualité, comme en témoigne la Pinhole Journal fondée par Eric Renner en 1984 et la Journée Mondiale de la Photographie au Sténopé qui se tient chaque année.
Le Sténopé Aujourd’hui : Art, créativité et philosophie de l’image
La photographie au sténopé, c’est bien plus qu’une technique ancienne ; c’est une philosophie, une démarche artistique et une source de créativité infinie. Chez STENOGRAM, nous cultivons cette approche unique qui « ressource » la photographie en revenant à ses fondamentaux.
Une esthétique et des possibilités créatives uniques
Le sténopé nous offre une esthétique reconnaissable entre toutes :
• Le Flou Artistique et la Douceur : En raison de la diffusion de la lumière à travers le petit trou, les images présentent des contours doux, des transitions subtiles entre les zones nettes et floues, créant une atmosphère onirique et poétique.
• La Profondeur de Champ Extrême : Comme l’image est « relativement nette » de quelques millimètres à l’infini, il n’y a pas de véritable notion de mise au point. Tout est net, ce qui est particulièrement apprécié pour les paysages où l’on souhaite mettre en valeur une vaste étendue.
• La Capture du Temps : Les temps de pose sont longs, allant de quelques secondes à plusieurs minutes, voire des heures ou des mois pour la solargraphie. Cela permet de « photographier le temps », d’enregistrer le mouvement continu. Les objets en déplacement rapide peuvent former des traces floues, ou même devenir invisibles si le temps de pose est suffisamment long (imaginez une rue passante où piétons et voitures disparaissent). C’est une véritable « slow photography ».
• Le Vignettage : Souvent recherché par les adeptes, le vignettage est un assombrissement des angles ou des bords de l’image, ajoutant un caractère particulier à la composition.
La beauté du sténopé réside aussi dans ses possibilités d’expérimentation infinies. Nous ne sommes limités que par notre imagination ! La chambre noire peut être une simple boîte de conserve, une boîte à chaussures, une valise, un coquillage, une poubelle, ou même des objets plus étonnants comme une camionnette ou une bouche humaine. La taille ou la forme du trou peut varier, et on peut même utiliser plusieurs trous pour fragmenter la réalité en autant de perspectives.
Même à l’ère du numérique, le sténopé trouve sa place. Des artistes comme Hégémon Chaignon ont créé des sténopés numériques, bricolant des appareils photo modernes pour obtenir des images aux contours peu précis et définis, s’inspirant des images mentales. L’objectif est alors de reproduire un « effet pictural ».
Un outil éducatif et social
Chez STENOGRAM, nous sommes fiers de promouvoir le sténopé comme un outil éducatif et familial par excellence. Il ne requiert pas d’équipement coûteux ni d’installations complexes. Sa pratique permet d’acquérir une compréhension profonde et intuitive de principes photographiques fondamentaux : l’intensité lumineuse, l’angle de vue, la profondeur de champ, et la relation entre le temps d’exposition et l’ouverture. C’est une école de patience, d’observation et de créativité.
Nos mallettes pédagogiques, proposées aux établissements scolaires et associations, permettent d’aborder de manière ludique des thèmes historiques, scientifiques et artistiques. Et parce que nous nous soucions de notre planète, nos kits STENOGRAM utilisent des matériaux biodégradables et non toxiques, avec des méthodes de développement écologiques à base de café, de vitamine C et de sel marin, inspirées des années 70, qui confèrent à vos photos une teinte émouvante et inimitable.
Au-delà de l’apprentissage technique, le sténopé nous invite à ré-interroger notre rapport au temps, à l’instantanéité et au réel. Il permet de renouer poétiquement avec une approche brute de l’image, d’élargir le champ de nos sensations et d’exprimer l’instabilité du monde. Des projets comme le « Flying Pinhole Camera », où un sténopé voyage de photographe en photographe à travers le monde, illustrent comment cette technique peut transcender les frontières et mélanger différentes dimensions en un flot visuel coloré.
Votre aventure photographique commence avec STENOGRAM
Le sténopé est une invitation à ralentir, à observer, et à redécouvrir la beauté brute de l’image. Il est une porte d’entrée vers une créativité sans limite, où chaque objet du quotidien peut devenir un instrument photographique unique.
Chez STENOGRAM, nous nous engageons à vous offrir le matériel et le savoir-faire pour que cette expérience soit aussi simple et enrichissante que possible. Nos kits de découverte, fabriqués en France avec des matériaux écoresponsables, incluent tout le nécessaire, des recharges de papier aux produits de développement écologiques. Que vous soyez une famille désireuse d’une activité éducative et ludique, un établissement scolaire en quête d’un outil pédagogique innovant, ou simplement un passionné de photographie cherchant à renouer avec les origines de l’image, STENOGRAM est votre partenaire.
Nous espérons que cette exploration de la définition du sténopé, de son histoire riche et de son invention vous a inspiré. N’hésitez pas à visiter notre boutique pour découvrir nos kits et commencer votre propre aventure photographique au sténopé. L’œil dans la boîte, un monde à découvrir !